Après des semaines de confinement en réponse à la pandémie de COVID19, les gens sont naturellement tannés de rester à la maison, d’être privés de leur travail et de ne pas pouvoir voir leurs amis et leur famille. De nombreuses personnes se demandent si ces mesures sont nécessaires, si la réponse du Canada a été exagérée et un nombre croissant d’individus partagent des théories de complot.

Les gens se demandent pourquoi nous faisons cela et pourquoi nous devrions continuer à nous distancer socialement si nos hôpitaux fonctionnent encore en dessous de leur capacité maximale. Certains disent que nous devrions sacrifier la vie de personnes vénérables et de personnes âgées afin de relancer l’économie. En tant que personne qui se trouve en confinement depuis près de cinq semaines maintenant, je comprends que cette situation puisse être frustrante, mais je suis en total désaccord avec les arguments mentionnés ci-dessus et voici pourquoi.

Capacité des hôpitaux

Avant que cette crise frappe, le système de santé canadien était déjà poussé à ses limites. Au Québec, les infirmières étaient contraintes de faire des heures supplémentaires, les listes d’attente étaient beaucoup trop longues et le système était surchargé. Nous étions sans réserves d’équipements médicaux essentiels tels que les masques, les médicaments et autres produits clés.Nous n’étions pas préparés à une pandémie mondiale malgré les signes avant-coureurs et malgré le fait que les pandémies sont des événements naturels que nous avons vus à maintes reprises dans l’histoire. Le système fonctionnait à peine lorsque la pandémie a frappé, ce qui ne nous a laissé aucun autre choix que de prendre des mesures d’urgence. Les pandémies peuvent déborder même les systèmes de santé les plus efficaces.

En Italie et à New York, nous voyons ce qui peut se produire lorsqu’un système médical est débordé par le simple volume de cas. Les professionnels de la santé sont contraints de décider qui recevra ou non un traitement susceptible de lui sauver la vie. Des personnes meurent sur des lits dans les couloirs parce que les ressources disponibles pour les traiter sont insuffisantes. Au Canada, notre objectif a été d’éviter à tout prix une telle catastrophe. Ce manque de préparation nous a contraints à l’isolement et à la distanciation sociale alors que les gouvernements s’efforcent de préparer le système et de sécuriser les équipements médicaux à un moment où la chaîne d’approvisionnement a été gravement compromise par le fait que tant de pays se trouvent dans la même situation que nous ; sans stocks adéquats.

La distanciation sociale fonctionne

La seule raison pour laquelle notre système de santé n’a pas dépassé ses capacités jusqu’à présent est que nous avons mis en place de solides mesures de distanciation sociale qui ont fortement ralenti la propagation du virus. Cela ne signifie pas que la crise est derrière nous ou que notre système ne sera pas débordé dans les semaines ou les mois à venir. Si nous avions ignoré l’avis de la santé publique lorsque le virus est arrivé, le nombre de cas et d’hospitalisations aurait explosé et nous serions en train de creuser des fosses communes comme c’est le cas actuellement à New York.

Le COVID19 est très contagieux et il finira par infecter un grand pourcentage de la population. L’objectif de la distanciation sociale est d’aplatir la courbe afin que les personnes qui tombent malades puissent se faire soigner dans un système de santé qui fonctionne avec des ressources adéquates, plutôt que de voir tout le monde tomber malade en même temps, ce qui surchargerait le système. Les autorités de santé publique tentent de gérer le rythme auquel l’infection se propage afin que nous puissions maintenir le nombre de personnes malades en dessous de notre capacité maximale.

La distanciation sociale sera éventuellement assouplie

Comme les agences de santé publique gèrent avec succès le rythme auquel l’infection se propage. Lorsque les personnes ont été isolées, le nombre de nouveaux cas diminue. À mesure que le nombre de cas diminue, les mesures de distanciation sociale peuvent être progressivement assouplies. Un plus grand nombre de milieux de travail seront ajoutés à la liste des services essentiels et nous espérons pouvoir nous réunir en petits groupes dans les prochaines semaines.

Le dépistage massif va changer la donne

À l’heure actuelle, nous sommes loin d’être en mesure de tester la totalité de la population pour le virus ou les anticorps. Même les personnes qui présentent tous les symptômes se voient refuser les tests car le système de santé donne la priorité aux plus vénérables. Les médecins disent que les chances sont grandes que les personnes qui ont été infectées développent une immunité au virus. Il reste à savoir pendant combien de temps et dans quelle mesure. Il s’agit d’un tout nouveau virus que la science n’a pas eu le temps d’analyser et d’étudier complètement. De nombreux scientifiques travaillent à la mise au point de tests rapides et peu coûteux qui permettraient d’accélérer le dépistage. Santé Canada a approuvé cette semaine son premier kit de test rapide.

Une fois que nous serons en mesure de tester la population, nous pourrons voir combien de personnes ont contracté le virus et développé une immunité. Si nous avons de la chance, une grande partie de la population aura contracté le virus en présentera peu ou pas de symptômes. Cela permettra aux personnes guéries de réintégrer la communauté et la population active sans risquer la propagation du virus.

Sauver des vies, c’est important

J’ai vu certains commentateurs et politiciens de droite suggérer que nous devrions revenir au statu quo, peu importe les conséquences. Ils disent que nous devrions accepter la perte de vies de personnes vénérables pour le bien de l’économie. Je suis en total désaccord avec cette affirmation. Les vies n’ont pas de prix. Nous devrions faire tout notre possible pour protéger les membres vénérables de notre société.

Les pandémies sont naturelles et prévisibles

Les pandémies sont des phénomènes tout à fait naturels et il faut s’y attendre, surtout avec le niveau de mondialisation dans lequel la planète est engagée. La taille des populations humaines et animales et la vitesse de consommation des ressources approchent et dépassent rapidement la capacité portante de la planète. Cette situation de pandémie était prévisible. Elle s’est produite il y a 100 ans, lorsque l’influenza a tué des millions de personnes dans le monde entier. Nous devons nous assurer que nous sommes prêts à faire face à ces situations à l’avenir et nous devrions repenser notre relation avec la mondialisation, les voyages aériens excessifs et réinvestir dans l’autosuffisance, les chaînes d’approvisionnement locales et l’agriculture communautaire. Nous devrions également repenser notre relation avec l’agriculture animale ; consommer moins de produits issus des animaux réduirait la population animale et les risques de pandémies telles que les virus qui se développent souvent chez les animaux avant de se transmettre aux êtres humains

Conclusion

En conclusion, même si les mesures de distanciation sociale peuvent être désagréables, elles sont nécessaires dans les circonstances. Elles ne dureront pas éternellement. Il s’agit d’une situation temporaire. Bien qu’il y ait certainement des choses que je ferais différemment, les gouvernements fédéral et provinciaux font généralement un bon travail pour remédier à la situation. La preuve ? Nos hôpitaux ne débordent pas et le nombre de décès a été jusqu’à présent bien inférieur à celui d’autres pays.

Continuons à faire du bon travail et nous nous en sortirons ensemble.

Ca vas bien aller 🙂

En solidarité,

Alex Tyrrell B.Sc. Env

Chef du Parti Vert du Québec

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