Je suis de retour chez moi après avoir passé deux jours et une nuit sur la ligne de front des camps de défenseurs des terres des Anishnabés dans ce que le gouvernement appelle la réserve de faune de La Vérendrye.
Les communautés anishnabés de Mitchikanibikok (Lac Barrière) et de Kitigan Zibi demandent un moratoire de cinq ans sur la chasse à l’orignal sur leur territoire. Malgré leurs demandes répétées, le gouvernement du Québec continue d’émettre des centaines de permis de chasse à l’orignal à des chasseurs sportifs non autochtones. Ils le font en dépit du fait que leurs propres données, ainsi que les observations des communautés autochtones et des chasseurs, montrent une nette diminution de la population d’orignaux.

Certains chasseurs sportifs tirent pour le frisson et laissent souvent derrière eux la totalité de l’orignal sans utiliser la viande. Certains ne prennent que la tête pour faire un trophée et laissent tout le reste derrière eux. Les chasseurs autochtones et leurs communautés qui dépendent de la population d’orignaux pour leur survie sont extrêmement habiles à utiliser chaque partie de l’animal. Ils respectent l’orignal, ils respectent les limites de l’écosystème et ils comprennent l’importance de la conservation de la terre et de la population d’orignaux.

En refusant un moratoire, le gouvernement donne la priorité à la chasse sportive sur la souveraineté, les droits et le mode de vie des autochtones. Pendant que j’étais sur place, j’ai observé qu’un groupe de chasseurs non autochtones en colère bloquait la circulation routière pendant des heures pour protester contre les points de contrôle indigènes. Il y avait du racisme. Plusieurs chasseurs non indigènes se sont présentés aux points de contrôle indigènes en colère et armés pour intimider les membres de la communauté.

Demain, j’écrirai une lettre à Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, pour lui exprimer le soutien du Parti vert du Québec à un moratoire sur la chasse sportive à l’orignal dans la réserve faunique de La Vérendrye. Je demanderai également au gouvernement fédéral d’intervenir afin d’assurer le respect des droits des autochtones.

Ce fut un honneur et un privilège de pouvoir rencontrer Cassy Rat, chef de la communauté du Lac Barrière ainsi que Charles Rat du conseil de bande du Lac Barrière et son épouse Tina qui ont généreusement partagé la nourriture traditionnelle avec les visiteurs du camp. J’ai pu rendre visite à mon amie et alliée Shannon Chief et je publierai très bientôt une interview avec elle et le conseiller de bande Charles Rat. La communauté m’a accueilli à bras ouverts. Je tiens à les remercier pour cet accueil chaleureux et je me réjouis de continuer à les soutenir dans leur quête pour faire respecter leurs droits territoriaux, leur mode de vie traditionnel et la survie de la population d’orignaux dont ils dépendent. J’ai également eu une excellente conversation avec Gene Twenish de Kitigan Zibi sur le chemin du retour.

Restez à l’écoute pour d’autres mises à jour sur cette question, car elle est loin d’être résolue. La dernière nouvelle est que lors d’une réunion ce samedi avec les dirigeants autochtones, le gouvernement a refusé d’appliquer un moratoire cette année ou même l’année prochaine. Ce refus d’agir pourrait propulser cette question au premier plan du mouvement en faveur des droits des autochtones au Canada.

En toute solidarité,
Alex Tyrrell
Chef du Parti Vert du Québec

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